Gabon : détention et silence officiel – l’état de santé de l’activiste Bob Mengome inquiète, sa famille réclame des comptes

Hospitalisé en urgence mardi 2 juin 2026, l’activiste gabonais connu sous le pseudonyme « Matricule 212 » est au cœur d’une vive inquiétude humanitaire et sanitaire, dans un contexte de totale absence de communication des autorités.

Incarcéré depuis quatre mois à la Prison centrale de Libreville, Bob Mengome, de son vrai nom d’état-civil, a été transféré dans l’après-midi du 2 juin à l’Hôpital d’Instruction des Armées Omar Bongo Ondimba (HIAOBO). Selon des sources hospitalières et familiales concordantes, cette évacuation a été décidée face à une « dégradation aiguë » de son état physique, après plusieurs alertes restées sans réponse immédiate au sein de l’établissement pénitentiaire.
Des antécédents médicaux lourds
Avant même son arrestation, Bob Mengome présentait un état de santé fragile, marqué par une hypertension artérielle sévère nécessitant un suivi médical rigoureux. D’après des témoignages recueillis auprès de proches, l’activiste aurait, durant sa détention, multiplié les signalements : crises d’étouffement, malaises répétés et pertes de connaissance à plusieurs reprises.
« Il n’a pas eu accès à ses traitements de façon régulière. Chaque retard, dans son cas, est potentiellement dangereux », confie un membre de la famille sous couvert d’anonymat, en raison de la sensibilité du dossier.
L’hospitalisation du mardi n’était « plus une option mais une nécessité », ajoute la même source. L’intéressé bénéficie depuis lors d’une prise en charge continue, mais aucune information officielle n’a filtré sur son diagnostic précis, ni sur son pronostic vital.
Quatre mois sans jugement
Arrêté il y a quatre mois pour des faits qualifiés de « trouble à l’ordre public » par les autorités judiciaires, Bob Mengome n’a toujours pas été jugé. Cette prolongation de la détention provisoire, associée à l’absence de transparence sanitaire, interroge les observateurs et les organisations de défense des droits humains.
Contactés, ni le parquet de Libreville, ni la direction de la Prison centrale, ni le ministère de la Justice n’avaient fait de déclaration publique dans les 48 heures suivant l’évacuation. Le silence des autorités, dénoncé par les soutiens de l’activiste, contribue à alimenter la tension autour de ce dossier.
Une urgence humaine, plus que judiciaire
Pour l’entourage de Bob Mengome, la priorité n’est désormais plus procédurale. « L’urgence est vitale », insistent-ils. Plusieurs voix, parmi lesquelles des membres de la société civile gabonaise, appellent à ce que le droit fondamental à la santé, garanti par la Constitution et par les engagements internationaux du Gabon, soit effectif en milieu carcéral.
Les proches réclament trois mesures claires :
La diffusion transparente d’un bulletin médical officiel; la garantie d’une prise en charge continue et adaptée; toute mesure nécessaire à la préservation de sa vie, y compris, le cas échéant, des aménagements de détention pour raisons médicales.
Un test pour l’État de droit sanitaire
Au-delà du cas individuel, cette affaire pose une question plus large : dans quelle mesure le système pénitentiaire gabonais est-il en capacité de répondre aux urgences médicales des personnes détenues, notamment celles souffrant de pathologies chroniques ?
Alors que l’opinion publique reste en attente d’une réaction officielle, une interrogation traverse les milieux associatifs : « Faudra-t-il attendre qu’un drame survienne pour que toute la mesure de cette urgence médicale soit enfin prise en compte ? »
Pour l’heure, l’état de santé de Bob Mengome demeure stable selon une source hospitalière non officielle, mais sa famille et ses soutiens restent en alerte. Aucune audience n’est pour l’instant programmée.



