Burkina : quand l’État doit démentir un faux ordre de rapatriement… version « billets d’avion pour toute la famille »

Un document estampillé « Présidence du Faso » a enflammé les réseaux sociaux burkinabè, mardi. Sous couvert d’une circulaire officielle, il enjoignait aux agents de l’État de rapatrier sans délai leurs proches installés en France – étudiants, touristes ou patients en quête de soins. Manque de chance pour les faussaires : la Présidence a dégainé son communiqué avant même que les valises ne soient sorties des placards.
La direction de la communication a tranché : « totalement faux », et même « une tentative de psychose » signée par des esprits créatifs mais mal intentionnés. L’auteur – ou les auteurs – de cette belle œuvre de désinformation auront au moins réussi un exploit : faire réagir officiellement en moins de 24 heures, alors que d’autres textes officiels attendent parfois des semaines pour être commentés.
La Présidence, d’un ton aussi sec qu’un procès-verbal, a promis des poursuites judiciaires contre « les auteurs, coauteurs et commanditaires de cette manœuvre ». On imagine déjà les enquêteurs traquer les cerveaux derrière ce faux, peut-être dans l’espoir de trouver un vrai coupable… ou au moins un bouc émissaire.
Ce petit imbroglio survient à point nommé, quelques jours après que Ouagadougou a claqué la porte diplomatique à Paris, accusant l’ex-métropole de « soutenir des actions contraires aux intérêts burkinabè ». Officiellement, la rupture est souveraine. Officieusement, elle n’a pas encore provoqué de précipitation massive aux guichets des compagnies aériennes, contrairement à ce que la fausse circulaire laissait entendre.
Depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les relations entre le Burkina et la France sont une romance en replay – avec pauses, silences gênés et, désormais, annonces contradictoires. Mais au moins, la Présidence peut se rassurer : le faux appel au retour a fait rire jaune, mais personne n’a vraiment plié bagage. Reste à savoir si les poursuites judiciaires auront plus de suite que le document lui-même.



