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Cameroun : Quand la messe dominicale vire au road-trip forcé chez les Ambazoniens

Un prêtre du diocèse de Nkongsamba pensait célébrer sa première messe au village. Il a finalement offert une prière improvisée... dans le coffre d'un 4x4 séparatiste.

Les Ambazoniens ont une drôle de conception de l’hospitalité villageoise. Samedi 27 juin, le père John Bosco Bihkong, fraîchement ordonné pour le diocèse de Nkongsamba, a regagné son cocon natal de Melim (près de Ndop) pour y célébrer sa première messe. Mission divine, ambiance champêtre, sourire des fidèles… Sauf que les festivités ont pris un tournant inattendu lorsque des hommes armés, visiblement pas inscrits sur la liste des choristes, ont décidé d’inviter le prélat et ses deux compagnons franciscains à changer de programme.

Direction ? Non précisée. Durée du séjour ? À négocier. Rançon ? La Conférence épiscopale, menée par Mgr Andrew Nkea, a déjà sorti le panneau « Négatif » : pas de chèque, pas de rançon. Parce que, soyons sérieux, payer une fois, c’est ouvrir le catalogue des bonnes affaires pour kidnappeurs en quête de liquidités. Et Dieu sait que les Ambazoniens ont déjà compris que l’Église, en plus d’avoir des principes, a des comptes en banque qui font saliver les commandos.

Car oui, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, le clergé est devenu une cible de choix entre deux feux : d’un côté l’armée gouvernementale, de l’autre des séparatistes qui collectionnent les otages comme d’autres collectionnent les timbres. Pourquoi les curés ? Parce qu’ils sont neutres, disponibles, et qu’ils ont – paraît-il – un excellent réseau de collecte de fonds. Malheureusement pour les ravisseurs, les évêques camerounais ont décidé que les prières étaient gratuites, mais que les rançons, elles, restaient à débattre avec Saint-Pierre.

Mgr Dieudonné Espoir Atangana, évêque de Nkongsamba, a lancé un appel solennel : priez, priez, priez encore. Parce que face aux balles et aux otages, les chapelets ont parfois plus de puissance que les négociations. En attendant, la région du Moungo retient son souffle, espérant que les trois religieux reviendront vite à leur mission première : celle de bénir les fidèles, pas celle de négocier leur liberté avec des hommes en treillis.

Et si les Ambazoniens cherchaient une médiation, peut-être qu’ils devraient essayer Dieu. Il paraît qu’il ne demande pas de rançon.

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