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Cameroun: Maurice Kamto découvre que les acronymes ne font pas une puissance mondiale

Dans une révélation qui a secoué les fondations du bâtiment administratif de la CEEAC (ou était-ce de la CEDEAO ? Peu importe), le professeur et opposant Maurice Kamto a déclaré que les Communautés Économiques Régionales (CER) africaines avaient… fait leur temps. Après des décennies de sommets coûteux, de protocoles signés et de rapports non lus, le verdict est tombé : elles ne sont pas à la hauteur.
Inspirées, paraît-il, d’un certain modèle européen actuellement en pleine crise existentielle face aux géants mondiaux, ces CER sont jugées trop faibles, trop lentes, trop « économiques » et pas assez « fédérales ». « Pourquoi se contenter d’harmoniser des tarifs douaniers quand on peut carrément créer un État ? » semble être le nouveau credo.
La vision de M. Kamto est aussi simple que audacieuse : il propose de faire d’une pierre deux coups. Premièrement, transformer ces clubs de discussion régionaux en véritables États fédéraux, avec président, armée et, on l’espère, un seul passeport pour éviter les files d’attente aux frontières. Deuxièmement, fusionner le tout, dans un délai raisonnable de vingt ans (un clin d’œil à l’urgence africaine), en un super-État continental.
L’idée est de permettre à l’Afrique de s’asseoir à la table des grands, non plus avec un dossier de propositions, mais avec une seule et puissante voix… et probablement un droit de veto. Face à la Chine, aux USA ou à la Russie, ce ne serait plus « le représentant de la sous-région ouest-africaine » qui parlerait, mais « Son Excellence le Président des États Fédérés d’Afrique ».
Le ton se fait grave pour la conclusion : ne pas suivre cette voie relèverait d’une « cécité stratégique », voire d’un « crime contre les peuples ». Sous-entendu : continuer comme avant, avec des unions monétaires qui peinent à voir le jour et des parlements régionaux sans pouvoir réel, c’est trahir l’avenir du continent.
On imagine déjà la réaction des dirigeants en place, saisis d’une soudaine frénésie fédéraliste à cette annonce, prêts à dissoudre leurs souverainetés pour le bien commun… ou, option plus probable, programmant un sommet extraordinaire pour créer une « Commission d’Étude sur la Réflexion Prospective concernant l’Hypothèse Fédérale » (CERPHF). Les travaux devraient commencer d’ici 2035.
Ainsi, le projet panafricain, longtemps cantonné aux hymnes et aux t-shirts, retrouve une jeunesse fulgurante : il ne s’agit plus d’intégrer, mais de fusionner. À quand le premier match de football de l’équipe nationale continentale ? Les bookmakers parient sur 2045.



