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Ça bouge à Yaoundé : la CEMAC veut enfin savoir qui vit où (et en combien d’exemplaires)

Réunis dans la capitale camerounaise du 23 au 25 avril 2026, une quarantaine d’experts des six pays de la CEMAC ont planché sur un sujet ô combien stratégique : comment compter les gens sans se planter. Mission : valider un guide pratique des recensements de la population et de l’habitat. Car oui, encore faut-il s’accorder sur la manière de compter avant de savoir si vous êtes 10 ou 15 millions dans votre pays.

L’objectif affiché – et il est sérieux – est de poser un référentiel commun pour moderniser les opérations de recensement et produire des données enfin comparables à l’échelle sous-régionale. Pendant trois jours, les spécialistes vont passer le document au peigne fin, en l’adaptant aux réalités locales : défis sécuritaires, intégration des outils numériques… parce qu’aujourd’hui, compter avec des tablettes, c’est plus 2026 que le bon vieux carnet et le crayon.

« Il est temps d’arrêter de comparer des choux et des patates »

C’est en substance le message du Commissaire en charge des Politiques Économique, Monétaire et Financière de la CEMAC. La disparité des pratiques entre États rend toute analyse comparative hasardeuse, pour ne pas dire risible. L’harmonisation des méthodes – vous avez dit révolution ? – permettra enfin d’obtenir des statistiques démographiques de qualité, et surtout de les avoir à temps pour éclairer les politiques publiques. Parce qu’on ne va pas se mentir : décider sans chiffres fiables, c’est un peu jouer aux fléchettes les yeux bandés.

Le petit caillou dans la chaussure : la régularité

L’atelier tombe à pic pour le Cameroun, qui vient de lancer son 4ᵉ recensement… 21 ans après le précédent. Petit rappel : la norme internationale recommande un recensement tous les dix ans. Vingt et un ans, c’est pile la période pour voir naître toute une génération, entrer à l’école, décrocher son bac, et même devenir statisticien – sauf que les chiffres, eux, ont pris une sacrée ride.

Malgré un système statistique jugé « structuré » (oui, on vous voit, les diplomates), le pays fait face à des contraintes opérationnelles bien réelles. Mais grâce à ce guide harmonisé, les six États membres devraient – le conditionnel est de mise – améliorer la planification, la régularité et la fiabilité de leurs recensements.

En théorie. Parce qu’un guide, aussi pratique soit-il, ne recense personne tout seul. Mais la CEMAC y croit : c’est une étape décisive pour la construction d’un système statistique communautaire cohérent. Et puis, avouons-le, après des décennies à se demander qui a la plus grosse population, il serait temps que tout le monde compte avec la même règle. Même si celle-ci arrive avec un peu de retard. Comme certains recensements.

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