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Sommet Africa Forward à Nairobi : deuxième journée, les bisous politiques remplacent les chèques

Le sommet Africa Forward poursuit ses festivités à Nairobi. Lundi 11 mai, on causait « fric » avec un forum d’affaires réunissant chefs d’entreprise français et africains. Ce mardi 12 mai 2026, place à la politique : 32 chefs d’État et de gouvernement sont attendus dans la capitale kényane, soit à peu près le nombre de selfies qu’Emmanuel Macron espère décrocher.

Selon l’Élysée – qui compte comme à son habitude – 28 présidents devraient faire le déplacement, rapporte notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard. Les autres envoient leurs Premiers ministres ou vice-présidents (faute de budget de première classe). Trois absents de marque, cependant : les dirigeants de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), ces trois pays qui ont rompu avec Paris plus sec qu’une baguette oubliée au four. Malgré ce vide sidéral, Emmanuel Macron a assuré le 10 mai que « les pays d’Afrique de l’Ouest seront présents ». En d’autres termes  : le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Togo ont promis de sourire pour la photo.

La chasse aux investissements (pas à la charité)

Au programme des échanges pour ceux qui daignent venir : une rencontre entre politiques et une trentaine de PDG français et africains, pour parler industrialisation et transition énergétique – deux sujets qui fâchent autant qu’ils endorment. Le secteur privé était au cœur du sommet, et le président kényan William Ruto a prévenu dès la veille : « On ne veut ni aide ni prêts, mais des investissements. » Autrement dit  : on a déjà assez de dettes comme ça, merci.

L’Élysée, elle, veut une discussion franche, directe et sans tabou avec les grands patrons du CAC 40 version savane : CMA CGM, Orange, Equity Bank (la kényane qui monte) et TotalEnergies, note notre correspondante à Nairobi, Emilie Chauvin . Ces entreprises pèsent plus de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Afrique, investissent des dizaines de milliards par an et créent près d’un million d’emplois. En échange, elles réclament de la stabilité, des règles fiscales qui ne changent pas plus souvent que de slips, et si possible un peu moins de coups d’État.

« Les solutions sont connues » (encore faut-il les appliquer)

Dans leurs doléances, les PDG exigent des procédures plus rapides et de nouveaux mécanismes de partage des risques – autrement dit : « Si on perd notre argent, ce ne sera pas que notre faute. » « Le diagnostic est partagé. Les solutions sont connues », écrivent-ils en chœur dans une tribune au Figaro (là où les patrons pleurent en costume). Ce mardi, ils demanderont donc directement aux chefs d’État un environnement prévisible et moins risqué. Les chefs d’État promettront « d’y réfléchir sérieusement » avant de rentrer chez eux en 4×4 climatisé.

Autre thème majeur : la réforme de l’architecture financière internationale, projet fétiche des présidents français et kényan. Objectif : rendre le système mondial plus équitable, et surtout plus adapté aux besoins de développement des pays du Sud. Soit l’inverse de ce qu’il fait aujourd’hui. Enfin, les questions de paix et de sécurité sur le continent africain seront aussi débattues – entre deux cocktails et une minute de silence pour les absents de l’AES.

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