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Mohamed El-Amine Souef, le Comorien, à la tête du Bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a choisi Mohamed El-Amine Souef pour diriger le bureau onusien basé à Libreville. Fort de 35 ans de carrière entre diplomatie, maintien de la paix et hautes fonctions africaines, il succède au Nigérien Abdou Abarry.


C’est une nomination qui renforce les liens entre les Nations unies et l’Union africaine. Mercredi, António Guterres a officiellement désigné le Comorien Mohamed El-Amine Souef comme son nouveau Représentant spécial pour l’Afrique centrale. Il prend également la tête du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), basé à Libreville.

Âgé d’une solide expérience de trois décennies et demie, ce diplomate de carrière succède à Abdou Abarry, du Niger, que le Secrétaire général a remercié pour « son importante contribution et ses services » rendus à l’UNOCA.

Un parcours entre crises et consolidation de la paix

Avant cette nomination, Mohamed El-Amine Souef était, depuis mars 2025, chef de cabinet de la Commission de l’Union africaine. Mais c’est surtout son passage sur le terrain somalien qui a marqué les esprits : représentant spécial du président de l’Union africaine pour la Somalie, il a dirigé l’AUSSOM (Mission de soutien et de stabilisation), après avoir piloté l’ATMIS, la mission de transition.

Son CV onusien n’est pas en reste. Il a servi au Mali au sein de la MINUSMA (2020-2022 et 2015-2017), ainsi qu’au Darfour dans le cadre de la MINUAD, l’opération hybride Union africaine-Nations unies. Avant cela, aux Comores, il a occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (1999-2005, puis 2017-2020). Il a aussi été ambassadeur en Égypte, représentant permanent auprès de la Ligue arabe, et même député.

Un homme de culture et de terrain

Polyglotte, M. Souef parle couramment l’arabe, l’anglais, le français et le swahili, en plus de sa langue natale comorienne. Diplômé de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès (Maroc) et de l’université de Médine (Arabie saoudite), il a également suivi des formations diplomatiques en Égypte et au Pakistan. Il est par ailleurs l’auteur de six ouvrages consacrés à la politique et à la géopolitique.

En prenant ses fonctions à Libreville, il hérite d’un mandat sensible : accompagner les pays d’Afrique centrale dans la prévention des conflits, la stabilisation régionale et la promotion des droits humains, dans une zone souvent fragilisée par les transitions politiques et les défis sécuritaires.

Avec cette nomination, António Guterres mise sur un profil à la fois politique, opérationnel et africain, capable de dialoguer aussi bien avec les capitales de la région qu’avec les institutions de l’Union africaine. Mohamed El-Amine Souef fixera ses priorités  dès sa prise de fonction. Une chose est sûre : l’homme connaît les crises – et sait que, dans la région, la paix ne se décrète pas.

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