Gouvernance : L’ ONU débarque bientôt à Libreville pour scruter les comptes gabonais… et cette fois, on ne rigole pas (enfin, un peu)

Libreville, nouvelle scène du grand théâtre anticorruption des Nations Unies – Du 29 juin au 1er juillet, la capitale gabonaise va se parer de ses plus beaux atours pour accueillir une visite qui, officiellement, n’a rien d’une fête. Exit les pagnes et les danses traditionnelles : place aux tableaux Excel et aux interrogatoires en costard-cravate. Les experts de l’ONUDC débarquent pour le deuxième cycle de l’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Autrement dit, onze ans après le premier passage, on remet le couvert et on souffle sur les comptes publics pour voir si la poussière s’envole… ou si elle cache encore des lingots.

Au programme de ce contrôle version 2.0 : deux ingrédients qui fâchent – la prévention de la corruption et le recouvrement des avoirs illicites. Traduisez : « Dites-nous comment vous empêchez l’argent de s’évaporer par les fenêtres du ministère, et surtout, comment vous comptez le récupérer quand il a déjà pris l’avion pour Dubaï. » Les experts vont scruter les mécanismes de transparence administrative avec la même minutie qu’un détective examine une scène de crime. Sauf que, dans ce polar-là, les empreintes digitales sont souvent celles de signatures bien placées.
La machine s’est mise en branle le 20 octobre 2025 – date à laquelle le Gabon a envoyé sa fameuse « liste de contrôle d’auto-évaluation » à ses examinateurs, le Tchad et la Libye. Oui, vous avez bien lu : c’est comme si vous demandiez à vos voisins de venir vérifier si votre appartement est rangé, alors qu’eux-mêmes ont parfois des placards qui débordent. Mais c’est le jeu de la coopération internationale. Maintenant, place au direct : trois jours d’échanges tendus entre experts onusiens et institutions locales, où chaque réponse devra être plus ciselée qu’un communiqué de presse présidentiel.



