N’djamena – déchirure au coeur de l’ordre : un policier actif ouvre le feu sur ses frères d’armes

Selon le site tchadien, Alwihda Info, un crépuscule de violence s’est abattu hier jour sur le rond-point Goudjé Barrière, transformant un simple poste de régulation en scène de guet-apens fratricide. Aux alentours de 17 heures, là où les agents de la circulation œuvraient à contenir le chaos du trafic, c’est une tout autre forme de chaos, infiniment plus sombre, qui a éclaté.

Un véhicule aux vitres opaques, une Toyota Corolla, a tenté de défier l’autorité des fonctionnaires en service, forçant le passage comme si la loi ne s’appliquait plus à lui. Confronté au rappel à l’ordre d’un agent, le conducteur n’a pas cédé. Il a répondu par la fureur. Cet individu, loin d’être un citoyen ordinaire, se révèle être un officier de police, un homme qui a prêté serment de protéger. Pourtant, évincé de ses fonctions, il a choisi de trahir ce serment de la manière la plus abjecte.
Saisissant une arme de poing, il a d’abord tiré en l’air, un geste de défi. Puis, dans un acte d’une gravité absolue, il a braqué son canon contre ses propres collègues. Deux policiers sont tombés sous ses balles, l’un d’eux touché à l’oreille, dans un vacarme qui a glacé le sang des témoins. La déflagration sonnait comme un glas pour la cohésion des forces de l’ordre.
Dans l’horreur de l’intervention, alors que les agents, unis face à la trahison, parvenaient à maîtriser ce forcené, ce dernier a ajouté l’infamie à l’ignominie. Sortant un couteau, il a lacéré le front d’un troisième policier, comme pour marquer au fer rouge sa volonté de destruction.
Les sirènes ont déchiré l’air pour évacuer d’urgence ces hommes blessés, dont les jours sont désormais suspendus à un pronostic vital qui, selon les premières nouvelles, ne serait pas engagé. Mais au-delà des corps, c’est l’âme de la police tchadienne qui saigne.
L’agresseur, aussitôt neutralisé, a été livré à la police secours. Il était décrit comme étant en état d’ébriété. Mais l’alcool ne saurait excuser ce qui s’apparente à une tentative de régicide symbolique contre l’institution. Une enquête devra faire la lumière sur les ténèbres de cet acte insensé, qui plonge la capitale dans une profonde inquiétude et rappelle, avec une douloureuse clarté, que la plus grande menace peut parfois venir de l’intérieur des murs mêmes censés protéger les populations .



