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Football et olympisme gabonais : Paul Ulrich Kessany sort la sulfateuse, les élections suspendues façon « hold-up légal »

Plus de match, plus de scrutin. À Mouila, les ballons devaient s’envoler le 18 avril 2026 pour des élections très attendues à la Fegafoot. Finalement, c’est un coup de sifflet brutal qu’a donné le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, sur consigne directe du chef de l’État. Motif : un audit qui balance des « irrégularités administratives » aussi voyantes qu’un maillot fluo. L’ambiance ? Fin de la récréation anarchique. Place à la mise au pas… légale.
 
 
C’est ce qu’on appelle un arrêt de jeu autoritaire, mais juridiquement fondé. Le gouvernement gabonais, par la voix de son ministre des Sports Paul Ulrich Kessany, a purement et simplement suspendu les processus électoraux en cours au sein de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) et du Comité national olympique gabonais (CNOG). Les élections prévues le 18 avril 2026 à Mouila ? Annulées. Comme si l’on avait retiré le tapis vert sous les pieds des candidats déjà en pleine effervescence.
La raison invoquée tient moins du caprice que du constat accablant d’un audit : absence d’agréments techniques, récépissés inexistants ou fantômes, et une situation administrative qui ferait pâlir un agent du Trésor. Selon le ministère, ces pratiques flirtaient dangereusement avec la loi n°033/2020 du 22 mars 2021. Bref, le bal des ambitieux était sur le point de se jouer dans une cour d’école sans surveillance.
 
« Le ministère constate avec gravité la poursuite des processus électoraux… en dépit de leur situation administrative ainsi que de leur démembrement non conformes », a lancé Paul Ulrich Kessany, micro tendu, l’air de dire « on arrête la farce ». Et d’ajouter, comme pour sceller l’acte de décès temporaire de ces scrutins : un guichet unique va être ouvert sous six mois, copiloté par le ministère des Sports et celui de l’Intérieur. Objectif affiché : centraliser les procédures, réduire les délais d’instruction des dossiers, et surtout « alléger les contraintes administratives ». Autrement dit, mettre fin à l’entre-soi où l’on s’autoproclame candidat avec un tampon en caoutchouc.
Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, enfonce le clou avec une formule qui en dit long sur la philosophie du moment : « Ce que le gouvernement est en train de faire, c’est pousser toutes ces associations – comme les partis politiques et les syndicats – à régulariser leur situation pour pouvoir s’adapter à l’écosystème de la Ve République. Parce que beaucoup d’associations n’ont pas de récépissé définitif. » Autrement dit : fini l’âge de pierre associative, bienvenue dans l’ère du formulaire certifié.
 
Derrière ce coup d’arrêt électoral, c’est une ambition plus large qui se dessine : rompre avec l’anarchie chronique qui gangrène le mouvement sportif gabonais. Là où certains voyaient des élections libres, l’État voit des processus bricolés sous la menace d’un vide juridique. Là où d’autres entendaient campagne et promesses, le gouvernement répond par une cure de rigueur administrative.
Reste une petite dose d’ironie, que même les plus fervents défenseurs de l’ordre ne pourront ignorer : ce sont souvent les mêmes qui, hier, dénonçaient l’ingérence politique dans le sport. Mais face à des agréments absents et des récépissés en peau de chagrin, l’argument semble soudain moins solide qu’un hors-jeu mal sifflé.
 
Le guichet unique est attendu « dans les tout prochains jours ». En attendant, les prétendants au ballon rond et au podium olympique devront ranger leurs affiches électorales. Et peut-être, pour la première fois, se poser une question dérangeante : avait-on vraiment les papiers en règle ?
 
Au Gabon, le sport se réveille avec un goût de contrôle continu. Si l’État sort la sulfateuse administrative, ce n’est pas pour tuer le jeu, mais pour empêcher qu’on joue sans règles. Reste à savoir si le guichet unique deviendra le nouveau temple de la transparence… ou une simple salle d’attente de plus. En attendant, Mouila devra patienter. Et les associations sportives , apprendre à lire une loi.

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