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Mali : l’armée reprend l’ouest… ou du moins, elle essaie (et elle le dit haut et fort)
Depuis le début de l’année 2026, l’armée malienne semble avoir décidé que l’ouest du pays méritait, lui aussi, un peu d’attention. Finies les incursions discrètes : on multiplie les offensives, les communiqués triomphants et les frappes « de précision ». Objectif affiché ? Enrayer la menace persistante des groupes armés – ces mêmes qui, en 2025, avaient pris l’habitude de squatter les routes et les casernes comme chez eux.

Car il faut le rappeler : entre janvier et octobre 2025, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) s’était fait une joie de revendiquer 18 attaques dans les régions de Kayes et Nioro du Sahel. Embuscades, engins explosifs improvisés, prises de casernes… Les groupes armés menaient leur petite vie, et les FAMa (Forces armées maliennes) regardaient, impuissantes ? Pas tout à fait. Elles préparaient leur retour en scène.
2026, l’année de la grande lessive (militaire)
C’est donc en 2026 que l’état-major général des Armées maliennes (EMGA) sort les muscles. Le 18 avril, direction Lakamané (région de Nioro du Sahel) : frappes aériennes « de précision », troupes au sol, site détruit, combattants neutralisés. Tout y est, jusqu’à la saisie de motos – car on sait que les terroristes aussi aiment les deux-roues. Le même jour, par miracle de la synchronisation militaire, une reconnaissance près de Kidal (soit à l’autre bout du pays) permet de débusquer d’autres terroristes bien planqués. Une frappe, et paf : plus rien.
Mais ce n’est pas tout. L’opération « Dougoukoloko » (un nom qui claque, reconnaissons-le) inflige de « lourdes pertes » dans la région de Kayes. Résultat : les survivants se replient… vers Nioro du Sahel. Pas de chance pour eux, l’armée les y attend aussi. Entre le 14 et le 21 mars, ratissages à Yélimané, Ségala, Médina-Kayes : une quarantaine de combattants tués, dont un « chef important » – comme on dit dans les communiqués quand on n’a pas envie de donner son nom.
12 otages libérés, un bus retrouvé, et le reste en option
Cerise sur le djellaba : l’armée annonce la libération de 12 otages, plus un treizième dans la zone de Gourel Hairé. Trois véhicules, dont un bus de transport, ont été restitués aux populations – signe que les groupes armés, décidément, manquaient de moyens de locomotion. L’état-major précise même que les ex-otages ont été « pris en charge par les services compétents ». On imagine volontiers un formulaire et un café bien tassé.
Bilan : une reprise en main… ou une reprise de la communication ?
Saluant « la détermination et la bravoure » de ses troupes, l’EMGA promet que les opérations vont continuer. Tant mieux, car l’ouest du Mali n’est pas encore devenu une zone de tout repos. Mais entre les frappes aériennes, les refuges détruits et les chefs « importants » envoyés ad patres, l’armée semble surtout vouloir prouver qu’elle a repris l’initiative – quitte à noyer le poisson (ou le djihadiste) sous un flot de communiqués victorieux.
Après tout, en matière de guerre contre l’insurrection, communiquer, c’est déjà combattre. Un tout petit peu.



