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RDC : L’Union sacrée lance un débat choc sur la Constitution – Troisième mandat en vue ?

Alors que Félix Tshisekedi n’a pas encore achevé son deuxième mandat, sa coalition politique ouvre officiellement la boîte de Pandore. L’Union sacrée de la nation invite toute la société civile à plancher sur une révision de la Constitution. Objectif affiché ? Une réflexion nationale. Objectif réel ? Pour beaucoup, la voie vers un troisième mandat.
 
 
C’est un pavé dans la mare politique congolaise. Ce lundi 20 avril, André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation (la coalition qui soutient le président Félix Tshisekedi), a jeté une bombe à fragmentation dans le débat public : il invite officiellement le pays tout entier à réviser la Constitution.
 
Mais attention, pas de petits comités fermés. L’appel est large, très large. Partis politiques, ONG, associations, confessions religieuses, syndicats, avocats, et même « tous les patriotes congolais » ont un mois – jusqu’au 20 mai – pour envoyer leurs propositions.
 
Une commission technique et un rapport au président
 
La méthode est rodée. Après la récolte des avis, une commission technique sera chargée de trier, analyser et synthétiser les contributions. Un rapport sera ensuite remis au chef de l’État. Et c’est Félix Tshisekedi lui-même qui rendra son « arbitrage ».
 
Rendez-vous compte : c’est le président, dont le second mandat court jusqu’en janvier 2029, qui aura le dernier mot sur une possible refonte des règles du jeu.
 
Le spectre du troisième mandat
 
Dans les rues de Kinshasa comme sur les réseaux sociaux, la question brûle les lèvres : pourquoi ouvrir ce chantier maintenant, à plus de quatre ans de la fin prévue du mandat (les élections étant théoriquement fixées au 20 décembre 2028) ?
 
Pour l’opposition et plusieurs organisations de la société civile, la réponse est limpide. Derrière le vernis de « débat national » se cacherait une manœuvre classique : réviser la Constitution pour permettre au président sortant de briguer un troisième mandat. Un scénario déjà joué dans d’autres pays d’Afrique, toujours contesté, parfois explosif.
 
Le message subtil de l’UDPS : « Pas de dauphin, chef est là »
 
Comme pour anticiper les critiques, le secrétaire général du parti présidentiel UDPS, Augustin Kabuya, a envoyé un message ce week-end. « Pas question de parler de dauphin, tant que le chef est encore là », a-t-il martelé.
 
Traduction : on ne discute pas d’une succession, car le président n’a pas fini son travail. Mais cette sortie a eu l’effet inverse de celui escompté. Beaucoup y voient une preuve que l’on prépare déjà le terrain pour une prolongation de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
 
Une révision ou une rupture ?
 
D’ici au 20 mai, la pression va monter. D’un côté, la coalition présidentielle assure vouloir « moderniser » une Constitution jugée imparfaite. De l’autre, la rue et l’opposition promettent de ne pas laisser passer un « coup de force juridique ».
 
Une chose est sûre : la RDC entre dans une période brûlante. Et le simple mot « révision » fait déjà trembler l’équilibre fragile de la nation.
 
À suivre sur notre site : les réactions des leaders de l’opposition et des ONG dès ce mardi.
 
« L’Union sacrée ouvre le débat. Mais qui pourra le refermer ? »

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