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« Exploités par les tyrans » : Léon XIV dégaine à Saurimo, au cœur de l’Angola oublié

En pleine chaleur tropicale, le pape a mis les pieds dans le plat. Troisième jour de sa visite en Angola, Léon XIV n’a pas mâché ses mots contre la corruption, les « tyrans » et l’accaparement des richesses. Devant des milliers de fidèles à Saurimo, ville minière abandonnée, le souverain pontife a sonné l’alarme.
Il n’est pas venu pour bénir les puissants. Lundi 20 avril, le pape Léon XIV a transformé son déplacement dans l’est de l’Angola en une charge frontale contre les injustices. Destination : Saurimo, chef-lieu de la province de Lunda-Sul, à plus de 800 km de Luanda. Une région enclavée, appauvrie, mais paradoxalement assise sur des mines de diamants.
 
« Le pain de tous devient la possession de quelques-uns »
 
Sous un soleil de plomb, devant quelque 60 000 fidèles rassemblés pour une messe en plein air, le chef de l’Église catholique a lâché une salve :
 
« Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par les tyrans et trompés par la richesse. »
 
Puis, plus incisif encore : « Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns. » Une phrase qui résonne comme un coup de poing dans ce pays où l’exploitation minière a laissé des cicatrices environnementales et sociales béantes.
 
Une visite sous haute tension sécuritaire… et émotionnelle
 
Entouré d’un impressionnant dispositif de sécurité, le pape de 70 ans s’est offert un bain de foule en papamobile. Des centaines d’enfants, des personnes âgées vêtues de couleurs vives, des milliers de fidèles en liesse : l’accueil fut fervent. Mais derrière la joie, la détresse.
 
Léon XIV a fait un détour par une structure accueillant une soixantaine de seniors défavorisés, abandonnés ou victimes de violences. Là, un résident de 72 ans, Antonio Joaquin, lui a raconté les violences subies par sa famille. « Votre présence est une bénédiction », a-t-il dit au pape, qui écoutait, grave.
 
De la corruption aux Églises évangéliques : les défis angolais
 
La veille, à Luanda, devant 100 000 personnes, le souverain pontife avait déjà dénoncé « le fléau de la corruption », appelant à « une nouvelle culture de justice et de partage ». Lundi après-midi, retour dans la capitale pour une rencontre avec les évêques et prêtres. L’Église catholique angolaise est à la peine : moyens limités, concurrence croissante des Églises évangéliques.
 
Troisième pape en terre angolaise
 
Léon XIV suit les traces de Jean-Paul II (1992) et Benoît XVI (2009). Mais son ton, plus direct, plus « terrain », marque une différence. Dans un pays indépendant du Portugal depuis seulement 1975, meurtri par des décennies de guerre et de mauvaise gestion, le pape a choisi son camp : celui des oubliés des mines, des victimes des « tyrans » et de la corruption.
 
À retenir : Léon XIV ne distribue pas seulement des bénédictions. Il met des mots sur les maux. Et à Saurimo, ses paroles ont claqué comme un coup de tonnerre dans le ciel angolais.
 
« Le pape des pauvres » – les Angolais l’ont déjà surnommé ainsi.

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