FlashInternationalSociété

Sécurité aux frontières : le Gabon sort la grande échelle (et l’ONUDC) pour contrôler ses conteneurs

On n’attendait plus que ça : une belle signature entre ministres et diplomates onusiens pour sauver le Gabon des trafics en tout genre. Ambiance solennelle, discours inspirés, et une pointe de « hub sous-régional » dans l’air.
C’est désormais officiel : le Gabon va muscler sa sécurité frontalière. Et pour cela, rien de moins qu’un accord avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), paraphé ce lundi 20 avril à Libreville. Trois membres du gouvernement – Marc Abeghe (Budget), Ulrich Manfoumbi Manfoumbi (Transports) et Adrien Nguema Mba (Intérieur) – ont joué au stylo pour lancer le fameux Programme de contrôle des conteneurs et des passagers (PCCP). Derrière ce joli sigle : l’ambition de sécuriser ports et aéroports, alors que les trafics transnationaux, eux, ne prennent jamais de vacances.
 
Des unités mixtes, déjà une au port d’Owendo
 
Concrètement, le dispositif prévoit de créer des unités mixtes de contrôle dans les infrastructures stratégiques. La première est déjà en train de pointer le bout de son radar au port d’Owendo. Parce qu’un conteneur suspect, c’est comme un invité surprise : mieux vaut le fouiller avant qu’il ne s’installe.
 
Mais attention, ce n’est pas que répressif. Les autorités assurent que ces contrôles renforcés vont aussi fluidifier les échanges légaux. Oui, vous avez bien lu : plus de fouilles = plus de fluidité. C’est un peu comme mettre un péage pour aller plus vite, mais les économistes applaudissent. Le gouvernement promet des retombées économiques significatives, des chaînes logistiques sécurisées, et des agents douaniers formés à l’art de débusquer les cachettes les plus créatives. On imagine déjà les stages « Dissimulation 101 ».
 
« Une économie compétitive et intègre », dixit le président
 
Marc Abeghe, ministre délégué à l’Économie, n’a pas lésiné sur la formule : cet accord s’inscrit dans la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, à savoir bâtir une économie compétitive et intègre. On ne saurait mieux dire. Et pour que personne ne doute de la détermination locale, on a invité Javier Montano Duran (coordinateur régional ONUDC) à parler de « responsabilité partagée », ainsi que Fatou Aminata Lo (coordinatrice résidente de l’ONU) à rappeler l’Objectif de développement durable n°16 (paix, justice et institutions efficaces). Parce qu’un bon projet sans un petit rappel aux ODD, ce n’est pas vraiment un projet.
 
Le Gabon, futur hub de la sûreté portuaire ?
 
À terme, le pari est de faire du Gabon un modèle sous-régional en matière de contrôle douanier. Avec, à la clé, une meilleure traçabilité des flux, une coopération internationale renforcée (merci les Américains et l’ONU) et, cerise sur le container, une lutte accrue contre le commerce illicite. Reste une question : à force de vouloir tout sécuriser, le passager lambda finira-t-il par avoir l’impression de passer à la douane israélienne pour prendre son vol vers Franceville ? Mystère. Mais au moins, on aura essayé de traiter « les causes profondes de l’insécurité » – comme l’a promis Mme Lo.
 
En attendant, les stylos ont séché, les flashs ont crépité, et les conteneurs d’Owendo n’ont qu’à bien se tenir. Après tout, qui n’a jamais rêvé de voir son pays devenir une vitrine de la lutte anti-drogue ? Le Gabon, bientôt le nouveau Miami de l’Afrique centrale… Version ONUDC.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page