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Trois associations offrent au Mali un procès (et un miroir) devant la Cour africaine

Trois organisations de la société civile – Trial international, l’Union panafricaine des avocats (PALU) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) – ont décidé de pimenter la vie juridique du Mali. Elles ont déposé une requête devant la Cour africaine des droits de l’homme, une enceinte dont la vocation est de rappeler aux États que les fantassins, même privés, ne sont pas censés tirer sur tout ce qui bouge.

Au cœur de la plainte : des violations commises par des « acteurs armés transnationaux ». En d’autres termes : le groupe russe Wagner, qui, pour faire plus chic, se fait désormais appeler Africa Corps – comme si changer son blaze effaçait les empreintes digitales sur les douilles.
Cette action est inédite : c’est la première fois qu’un État se voit attaqué en justice pour avoir passé un contrat avec des militaires de location, sortes de mercenaires modernes livrés avec leur kit de communication en kit et leur sens de la diplomatie en option.
« La reconnaissance de la responsabilité de l’État est essentielle pour garantir justice aux victimes », expliquent les plaignants avec une foi touchante dans le pouvoir des juges. Ils cherchent à établir que Bamako n’a pas seulement fermé les yeux, mais aussi oublié de prévenir, de protéger, de punir, et même de réparer – comme si tout ça était facultatif dans le manuel du bon dirigeant.
Les avocats s’appuient sur des preuves fournies notamment par le Berkeley Human Rights Center et le collectif INPACT-All Eyes On Wagner. Objectif : braquer les projecteurs sur les massacres de Hombori et de Moura, deux localités du centre du Mali qui, en 2022, ont eu la malchance de croiser la route des Forces armées maliennes et de leurs nouveaux amis russes.
La procédure entend aussi dénoncer le rôle des acteurs privés de la guerre. Car selon les trois organisations, employer Wagner entre 2021 et 2022, c’est un peu comme confier la sécurité de sa maison à un loup en échange de la promesse qu’il ne mangera que les invités. Une violation claire des obligations internationales, notamment celle de garantir la paix – cette vieille notion désormais jugée ringarde dans certains cercles du pouvoir.
Bref, ce procès ne donnera peut-être pas immédiatement des ailes aux victimes, mais il offre au Mali un miroir. Et dans ce miroir, l’image n’est pas celle d’un État souverain, mais d’un client pressé qui a payé des hommes en noir pour faire son sale boulot. Reste à savoir si la Cour osera dire tout haut ce que les archives montrent tout bas.



