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Le Gabon, nouveau terrain de jeu de la GSMA : « Focus » sur nos forfaits hors de prix

Le Gabon vient de décrocher un rôle de premier plan sur la scène internationale. Non, il ne s’agit pas d’une médaille aux Jeux Olympiques, mais d’un titre tout aussi reluisant dans le microcosme de la tech : celui de pays « focus » pour une étude stratégique de la GSMA. Autant dire que notre petit bout de terre équatoriale va être passé au crible par les grands sorciers de l’industrie mobile mondiale.
L’heureuse nouvelle est tombée à Barcelone, en pleine effervescence du Mobile World Congress 2026. Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a rencontré les pontes de l’organisation, et le courant est visiblement passé. La GSMA, impressionnée par la qualité de nos coupures de réseau et la créativité de nos prix de data, a décidé que le Gabon méritait toute leur attention.
 
Mais que vient donc chercher la GSMA à Libreville ?
 
Officiellement, il s’agit d’analyser le rôle des technologies mobiles dans l’accélération de notre transformation numérique. Traduisons : ils vont tenter de comprendre pourquoi, malgré des slogans ambitieux et un Agenda 2063 de l’Union africaine plein de bonnes intentions, nous en sommes encore à payer le prix d’un smic pour quelques gigas de connexion.
 
L’étude promet d’être exhaustive. Elle devrait ausculter avec une minutie toute scientifique « l’impact du numérique dans plusieurs secteurs stratégiques ». On imagine déjà les équipes de la GSMA, calculette à la main, essayant de calculer combien de plantains on pourrait acheter avec l’argent économisé si la 4G ne coûtait pas un rein.
 
Une délégation de choc attendue à Libreville
 
Une mission d’experts est donc attendue à la mi-avril à Libreville, armée de questionnaires et de tableurs Excel. Leur programme est chargé : consultations avec les administrations publiques (un grand moment de lenteur administrative), les autorités de régulation (histoire de vérifier si elles existent vraiment), les opérateurs télécoms (pour entendre ces derniers expliquer, la larme à l’œil, que leurs tarifs sont justifiés par la qualité de service) et les acteurs de l’innovation (soit ces jeunes startups qui doivent rivaliser de génie pour survivre dans cette jungle numérique).
 
Le but ultime ? Collecter des données « détaillées » pour élaborer un rapport « fondé sur des analyses approfondies ». Un rapport qui, on l’espère, ne finira pas dans un tiroir du ministère, aux côtés des précédentes études prometteuses.
 
Un classement qui a du bon… et du lourd
 
Reconnaissons au Gabon cette capacité à figurer dans le tableau de chasse de la GSMA, après des poids lourds comme le Nigeria, le Kenya ou l’Afrique du Sud. Nous voilà dans la cour des grands, aux côtés du Bénin, de la RDC et du Ghana. Une consécration qui, espérons-le, ne servira pas seulement à « renforcer l’attractivité auprès des investisseurs internationaux », mais peut-être, qui sait, à faire baisser le prix de nos forfaits.
 
Alors, bienvenue à la GSMA. Nous leur offrirons volontiers un bon petit plat gabonais, pourvu qu’en échange, ils nous offrent une connexion qui ne nous oblige pas à vendre un poulet pour acheter un forfait journalier.

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