
Réunis à Libreville le 16 avril, le ministre de la Communication et le patron d’Africa N°1 ont promis de résoudre « très vite » un contentieux entre actionnaires qui traîne depuis 2023. Objectif affiché : une reprise des programmes en août 2026. À ce rythme, la radio panafricaine risque de devenir un podcast à épisodes.

Contre tout « kongossa » , le dossier Africa N°1 n’a pas pris la poussière dans les placards du ministère de la Communication. Mieux : Germain Biahodjow a reçu jeudi l’administrateur directeur général de la radio, Elbashir Abubaker Anber. Une réunion qui, selon la formule consacrée, s’inscrit dans le cadre d’une « instruction présidentielle ». En clair : on a rappelé tout le monde à l’ordre, parce que la reprise des émissions devient une question de fierté nationale.
Au menu des échanges : la nécessité de régler en priorité un contentieux entre actionnaires qui dure depuis bientôt trois ans. Ce différend, fine fleur des blocages africains, réussit l’exploit de maintenir une radio historique à l’arrêt tout en continuant de générer des réunions, des communiqués et une dette confortable pour l’État gabonais – environ 600 millions de FCFA par an depuis 2012. Soit le budget d’une petite chaîne de télévision, mais dépensé sans rien diffuser.
Un différend à solder… pour espérer émettre un jour

Les protagonistes semblent au moins d’accord sur un point : impossible de redémarrer sans avoir vidé le torchon entre actionnaires. À l’issue de la rencontre, l’ADG d’Africa N°1 a salué la « volonté affirmée » du ministre. On imagine la scène : poignées de main énergiques, regards chargés de bonnes intentions, et cette phrase rituelle : « Les discussions ont porté essentiellement sur les relations entre actionnaires. » Autrement dit, on a parlé des gens qui se fâchent, pas encore des micros qui ne marchent pas.
Une nouvelle réunion entre les parties concernées est annoncée avant la fin avril. Objectif : une solution à l’amiable, formule magique qui permet d’éviter les tribunaux quand on a déjà épuisé trois calendriers. Les autorités gabonaises, optimistes de nature, visent toujours une relance officielle en août 2026. Pour y parvenir, il faudrait lever « plusieurs verrous juridiques et organisationnels » – euphémisme élégant pour désigner un tas de dossiers qui dorment depuis des années.
Une volonté politique claire (et un agenda serré)
La dynamique enclenchée par le ministère, en coordination avec la direction de la radio, traduit une volonté politique lisible : redonner vie à cette station emblématique. Reste à savoir si les actionnaires, réunis autour d’une table avant la fin du mois, préféreront enterrer la hache de guerre ou continuer à la brandir pour l’honneur. La tenue imminente de cette réunion est présentée comme « une étape décisive ». On espère simplement qu’elle ne sera pas suivie d’une autre, puis d’une autre, jusqu’à ce que le mois d’août ressemble à une blague.

En attendant, Africa N°1 continue de diffuser… du silence. Mais un silence chargé de promesses, de dettes et de bonne volonté ministérielle. Avec un peu de chance, d’ici août, les auditeurs pourront enfin entendre autre chose que le bruit des dossiers qu’on sort des tiroirs.



