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L’UA débarque au Burkina : « On est toujours là, les gars ! » (mais l’AES lui dit poliment « t’as qu’à rester dans le bus »)

Le président tournant de l’Union africaine, le général Évariste Ndayishimiye, a posé ses valises ce lundi à Ouagadougou. Officiellement, il vient parler sécurité et intégration. Officieusement, il espère qu’on ne lui confisquera pas son pass avant d’avoir pris un selfie avec le capitaine Ibrahim Traoré.
À peine descendu de l’avion, le général Ndayishimiye a été accueilli par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et, accessoirement, président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES). Une embrassade gênée, deux poignées de main filmées sous tous les angles, et le chef d’état burundais a aussitôt compris que, dans le coin, on n’aimait pas trop les longs discours sur la « stabilité à l’africaine ».
 
Selon un communiqué de la présidence du Faso – rédigé en police taille 14 pour que ça ait l’air important –, cette visite revêt un caractère « stratégique ». En clair : l’UA tente désespérément de rester dans la boucle alors que le Mali, le Burkina et le Niger sont partis fumer une clope ensemble sous le nom d’AES.
 
Au menu des discussions au palais de Koulouba : un tête-à-tête chauffé à blanc, ponctué d’évocations polies des « questions sécuritaires » et des « perspectives d’intégration régionale ». Une source proche du dossier confie : « En vrai, ils ont surtout comparé leurs grades respectifs et regardé qui a le plus de médailles. Le capitaine Traoré a proposé une partie de FIFA, mais l’autre n’avait pas sa manette. »
 
Le programme prévoit également une visite de plusieurs infrastructures socio-économiques de Ouaga. Il s’agirait, selon nos informations, d’un kiosque à jus de bissap, d’une station-service flambant neuve et d’un rond-point dont personne ne se souvient du nom. Histoire de prouver que l’intégration, ça passe aussi par la découverte des feux tricolores locaux.
 
Si cette rencontre intervient dans un contexte de « redéfinition des relations » entre l’Union africaine et le Sahel, les observateurs les moins diplomates y voient surtout une tentative désespérée de l’UA de ne pas devenir aussi utile qu’un cendrier sur une moto. Le général Ndayishimiye repartira ce soir, soulagé de n’avoir croisé ni une junte ni un coup d’État à son retour. Mais avec, dans ses bagages, une petite pensée pour l’AES : « Eux au moins, ils savent ce qu’ils veulent. Contrairement à nos communiqués. »
 
La stabilité et la souveraineté, c’est bien beau. Mais entre l’UA et l’AES, on sent qu’il va falloir organiser un apéro de réconciliation. Sans la carte d’adhérent, évidemment.

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