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Gabon: Recensement général de la population, 91% de déjà fait , l’exécutif ordonne la phase “tout le monde ”

Ce jeudi 7 mai 2026 à Libreville, le Ministère de la planification et de la prospective a levé un coin du voile sur l’opération la plus scrutée du pays : le Recensement général de la population et des logements (RGPL). La collecte principale est bouclée, mais loin d’être parfaite. Verdict : un taux national de 91 %, avec deux provinces à la traîne. La réaction du Président de la République ? Une injonction claire – “remonter au‑delà de 91 %”. Place à une nouvelle vague de terrain, sous le signe du contrôle, de la fiabilité… et de la mobilisation citoyenne.


Libreville, salle du Commissariat général du plan – L’ambiance est à la feuille de route réajustée. Devançant partenaires techniques, financiers et médias, le Directeur du Bureau Central du Recensement, Noël MOUSSAVOU, pose les chiffres sans fard : “De ces 91 % sur l’ensemble du territoire, des zones étaient moins avancées – le Haut-Ogooué et l’Ogooué‑Maritime, notamment, en dessous de la moyenne.” Puis il assène la raison de cette prolongation : “L’autorité suprême, le Président de la République, a demandé que nous collections les données de l’ensemble des personnes vivant au Gabon.”

Objectif officiel : transformer ces 91 % en une couverture quasi exhaustive, grâce à une phase de contrôle, vérification et corrections sur le terrain.

 

Pourquoi repartir sur le terrain ? La logique des “trois C”

Derrière la sobre expression “poursuite des activités” on pourrait y voir  un véritable rattrapage logistique et technique. Les explications du ministère tiennent en plusieurs priorités :

État d’avancement inégal : provinces rurales et zones d’accès difficile ont souffert de retards.
Contrôle de qualité : des équipes légères retournent dans les ménages pour recouper, corriger et valider les questionnaires.
Couverture “zéro rebut” : on veut éviter tout oubli de quartier, de village isolé ou d’habitat informel.

Le message officiel insiste : il ne s’agit pas de recommencer, mais de consolider une photographie démographique fiable pour la décennie à venir.

 

“C’est une opération statistique” : Camille Mbika rassure les populations

Difficile de ne pas entendre les murmures. Sur le terrain, des habitants s’interrogent : “Pourquoi revenir ?”, “Nos données ont-elles fuité ?”, “Est-ce un contrôle fiscal déguisé ?”

Le Coordonnateur du RGPL, Camille Mbika, coupe court : « C’est une opération statistique. Et pour y arriver, nous avons besoin du plus grand nombre, pour nous permettre de mieux programmer les politiques publiques, d’améliorer notre quotidien. »

Un appel à la confiance, doublé d’un rappel : aucun agent ne demande d’argent, et l’anonymat est garanti par la loi.

 

Un calendrier resserré, des zones ciblées

Le ministère a présenté un échéancier révisé (sans dévoiler de dates trop techniques). Les provinces du Haut-Ogooué et de l’Ogooué « Maritime sont en première ligne. Les dispositifs opérationnels sont renforcés : supervision accrue, équipes mobiles, appui des autorités locales.

L’exigence est double :

Exhaustivité des ménages, y compris dans les zones difficiles d’accès.
Fiabilité des données, par des contre-vérifications systématiques.

Mobilisation citoyenne : “C’est votre avenir qui se joue”

Les autorités administratives, les chefs de quartier, les leaders communautaires sont invités à jouer les relais. La population doit ouvrir sa porte aux agents munis de leur badge officiel, et répondre sans crainte.

Pourquoi ? Parce que le RGPL n’est pas une simple formalité administrative. C’est la colonne vertébrale de la planification nationale : écoles, hôpitaux, routes, logements sociaux, programmes de lutte contre la pauvreté… Tout dépend du chiffre juste.

L’opération irrigue aussi directement le suivi des Objectifs de développement durable (ODD). Bref, aucun ménage n’est “petit” dans cette vaste mécanique.

En résumé – ce qui change maintenant

Avant Maintenant
91  % de couverture nationale Objectif : dépasser 91 %. Phase de collecte principale achevée Phase de contrôle, vérification et correction. Certaines zones sous « représentées » Haut-Ogooué et Ogooué- Maritime ciblées. Populations parfois méfiantes Campagne de pédagogie et appel à la mobilisation

Le voyage continue – Cette fois, le recensement gabonais joue sa crédibilité sur la dernière ligne droite. Ni recensement “bis”, ni exercice punitif : une opération de précision pour que, dans les cartons des ministères, le Gabon ne ressemble plus à une esquisse, mais à une photographie nette de toutes ses filles et tous ses fils.

Prochaine étape : les agents sur le terrain, les citoyens derrière la porte… et la fiabilité au bout du chemin.

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